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L'ENGAGEMENT CHRÉTIEN CONFRONTÉ À LA VIE PROFESSIONNELLE, L'ENGAGEMENT DANS L'HOSPITALITÉ

1 ÈRE IDÉE : A CHACUN SA VOIE

Dans notre vie adulte, que ce soit du point de vue professionnel ou de la foi, ne cherchons pas à imiter quelqu'un, à faire comme lui. C'est à nous qu'il appartient de trouver notre façon de servir Dieu, notre Église, notre prochain dans la situation qui est la nôtre.

Comment discerner cette voie ?

Vous connaissez le beau texte de 1 Corinthiens 12 qui souligne la diversité des dons et des ministères, et qui donne aussi la magnifique image du corps dont tous les membres, quelle que soit leur fonction, ont besoin les uns des autres, et doivent être l'objet de la même attention.

Nous nous posons tous, un jour ou l'autre, la question : quel est le don, la place, le rôle, le service que je tiens dans la communauté que je fréquente ? Et nous finissons par avoir une conviction, que nous ressentons et exprimons parfois comme étant un appel de Dieu.

Comment savoir ce que Dieu veut vraiment de nous, pour nous ? Vous connaissez peut-être ce que l'on dit classiquement, pour avancer dans ce discernement de la volonté de Dieu sur l'orientation de nos vies, qu'il s'agisse d'ailleurs de l' Église ou de notre engagement dans la famille, dans la société : l'idéal, c'est d'arriver à la convergence de trois éléments :

Pour ma part, j'aime inverser le processus et clamer haut et clair : si les autres nous sollicitent, si des circonstances favorables se présentent, ou si aucune circonstance défavorable n'intervient, cela peut nous amener, dans la prière, à la conviction que l'appel de Dieu est vraiment là.

Soyons attentifs les uns aux autres pour nous aider mutuellement à discerner les dons qui nous ont été donnés, que nous avons reçus et la place où le Seigneur nous attend. Soyons aussi soumis les uns aux autres sur ce plan, en considérant que les autres sont au-dessus de nous.

Posons-nous ces questions : Dieu m'appelle à quoi ? Suis-je prêt à L'entendre ? Suis-je prêt à entendre ce que les autres ont à me dire à ce sujet ?


2ÈME IDÉE : IL N'Y A PAS DE PETIT SERVICE

Je vous renvoie à la parabole dite " des talents " (Luc 19, 11-27) : " Un homme partit dans un pays lointain pour se faire nommer roi et rentrer ensuite chez lui. Il appela dix de ses serviteurs, leur distribua dix pièces d'or et leur dit : 'Faites-les fructifier pendant mon voyage.' Quand il revint après avoir été nommé roi, il convoqua les serviteurs auxquels il avait distribué l'argent, afin de savoir comment chacun l'avait fait fructifier.  Le premier se présenta et dit : 'Seigneur, ta pièce d'or en a rapporté dix.' Le roi lui dit : 'Très bien, bon serviteur ! Puisque tu as été fidèle en si peu de chose, reçois l'autorité sur dix villes.' Le second vint dire : 'Ta pièce d'or, Seigneur, en a rapporté cinq.' A celui-là, le roi dit encore : 'Toi, tu seras gouverneur de cinq villes.' Un autre encore vint dire : 'Seigneur, voici ta pièce d'or, je l'avais mise de côté dans un linge. En effet, j'avais peur de toi : tu es un homme exigeant, tu retires ce que tu n'as pas déposé, tu moissonnes ce que tu n'as pas semé.' Le roi lui dit : 'Je vais te juger d'après tes propres paroles, serviteur mauvais : tu savais que je suis un homme exigeant, que je retire ce que je n'ai pas déposé, que je moissonne ce que je n'ai pas semé ; alors pourquoi n'as-tu pas mis mon argent à la banque ? A mon arrivée, je l'aurais repris avec les intérêts.' Et le roi dit à ceux qui étaient là : 'Retirez-lui la pièce d'or et donnez-la à celui qui en a dix.' On lui dit : 'Seigneur, il en déjà dix ! - Je vous le déclare : celui qui a recevra encore ; celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a."

L'affirmation de Jésus est cinglante. Il nous dit que, lorsque nous avons fait tout ce que nous devions faire, nous restons des serviteurs inutiles. Nous avons gardé le don reçu sans le faire fructifier, nous avons eu peur…


3ÈME IDÉE : IL FAUT FAIRE DES CHOIX

Cela comporte surtout de savoir dire non, de renoncer à certaines choses.

Je vous invite à écouter à ce sujet le difficile passage de Luc 14, 26 : " Si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. "

Ainsi que dans Matthieu 6, 24 : " Nul ne peut servir deux maîtres car il haïra l'un et aimera l'autre … ".

Nous sommes invités à donner la préférence à Dieu :

Il s'agit là d'un de ces paradoxes qui constituent la réalité de Dieu : le choix de Jésus étant fait, il nous renvoie à nos responsabilités vis-à-vis de nos proches. La Bible est remplie de l'affirmation du devoir immense que nous avons de prendre soin d'eux, de consacrer ce qui est nécessaire de nos forces, de notre énergie, à leur bien-être, à leur bonheur.

Tout ceci peut se réaliser par et avec la grâce de Dieu toujours disponible.

Et puis, il reste la question du choix concret, à choisir comme prioritaire, pour déterminer ce que nous avons à faire, ce que nous avons à refuser comme secondaire. Un simple exemple : pour venir en pèlerinage à Lourdes ou à Banneux et nous mettre au service de nos frères et sœurs malades et moins-valides, nous devons renoncer à une partie de nos biens, voire à une partie de nos vacances, etc.

Mais n'oublions pas que ceux dont nous nous occupons, nous aide à faire ce choix.

 

4ÈME IDÉE : ÊTRE DES GENS SUR QUI ON PEUT COMPTER

Il est important d'être persévérants dans nos engagements.

Engageons-nous à peu de chose s'il le faut, mais faisons-le : soyons des gens fiables, sur qui les autres peuvent compter.


5ÈME IDÉE : SAVOIR TRAVAILLER EN ÉQUIPE

Considérer les autres comme étant au-dessus de nous-mêmes, Philippiens 2, 3 : Ne soyez jamais intrigants ni vantards, mais ayez assez d'humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes.

Voilà la base d'un vrai travail d'équipe. Cela se traduit, notamment, chaque fois que l'on fait quelque chose ayant un rapport, de près ou de loin, avec notre engagement, par le souci de tenir compte de l'avis des autres, ou à minima d'être capable d'expliquer et de justifier ce qu'on a fait, et de pouvoir en rendre compte, comme si on avait effectivement des comptes à rendre.

C'est la mise en œuvre d'Ephésiens 5, 21 : Par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres. Nous sommes personnellement responsables devant Dieu de nos actes, et nous aurons à en rendre compte un jour.

Cette pensée est, pour nous chrétiens, une évidence. Mais, dès maintenant, sommes-nous prêts à rendre compte à nos frères et sœurs de ce que nous faisons ?

C'est vrai dans tous les aspects de notre vie ensemble. C'est plus particulièrement vrai au niveau des postes à responsabilité et quelle que soit cette responsabilité, celle-ci à toujours de l'importance pour le bon déroulement de notre séjour.

C'est vrai également pour le travail d'équipe où il y a une vraie solidarité de soumission mutuelle, l'avis des autres pouvant toujours venir éclairer ou compléter ce que nous pensons.

En tant que membre de l'Eglise, ou d'une association, nous parlons ou agissons sous le contrôle de nos amis, expression consacrée à employer au sens propre ; amis avec lesquels nous devons être prêts à avoir des échanges sur les conséquences de nos paroles ou de nos actes.


6ÈME IDÉE : QUEL QUE SOIT NOTRE CHOIX, VEILLER À NOTRE UNITÉ INTÉRIEURE

La formulation du problème : " L'engagement dans l'Eglise, malgré une occupation professionnelle chargée " peut être dangereuse : il ne faudrait pas qu'elle laisse croire que la vie est cloisonnée entre le travail et l'engagement pour Dieu. D'ailleurs, il y a bien plus que ces 2 secteurs où nous avons à nous investir, ne serait-ce que du côté de la famille …

Il existe divers cas de figure, notamment :

Si nous faisons tout pour la gloire de Dieu, et en communion avec Lui, il ne devrait pas y avoir de lutte, de division intérieure entre les divers moments de notre vie. Que nous soyons occupés à repeindre notre cuisine, à voyager pour affaires, à méditer la Bible, à réparer un robinet qui fuit, à discuter avec nos enfants ou notre conjoint, à tenir compagnie à une personne seule, à négocier un contrat, à usiner une pièce métallique dans notre atelier, à creuser une tranchée sur le bord d'une route, à chanter l'office, à plaider au tribunal, à préparer notre prochaine prédication, à faire nos comptes, à prier, bref, quoi que nous fassions, nous devrions pouvoir vivre avec la même intensité la communion avec Dieu, la joie de sa présence en nous. Bien entendu, selon l'occupation, la possibilité de lui parler et de l'écouter sera différente, mais la communion devrait être la même.

Rappelons-nous la 1ère idée : à chacun de trouver sa voie, avec l'aide des frères et sœurs, en vivant les circonstances, et ce que Dieu nous dira dans le secret de notre cœur ; ce sera la bonne voie.

 

EN CONCLUSION :

N'oublions pas ! le temps de Dieu vis-à-vis de nous ne correspond pas à notre temps. Nous y sommes très sensibles quand il s'agit des autres, en ayant tendance à trouver que Dieu est vraiment très patient envers eux ! Mais pour nous aussi, pour chacun de nous, personnellement, Dieu est patient, infiniment patient, dans des secteurs dont nous n'avons même pas conscience. Cette patience s'exerce dans des domaines différents selon chacun de nous. Et cette patience est une des clés de l'accomplissement de cette tâche immense que la Bible appelle notre sanctification, c'est-à-dire notre progression vers la perfection de Dieu.

Dans ce domaine comme dans tant d'autres, il convient de dépasser l'approche individualiste qui est la nôtre spontanément. La sanctification n'a pas comme seule visée des individus, mais aussi l'ensemble de l'Eglise en tant que corps du Christ. En élargissant un peu le sujet, on peut dire que les considérations de la Bible sur les forts et les faibles sont fondamentales. Je vous renvoie à ce propos, en particulier, à Romains 15, 1-7 : Nous les forts, nous devons prendre sur nous la fragilité des faibles, et non pas agir selon notre convenance. Que chacun de nous cherche à faire ce qui convient à son prochain en vue d'un bien vraiment constructif. Car le Christ non plus n'a pas agi selon sa convenance, mais il a subi ce que dit l'Écriture : On t'insulte, et l'insulte retombe sur moi. Or, tout ce que les livres saints ont dit avant nous est écrit pour nous instruire, afin que nous possédions l'espérance grâce à la persévérance et au courage que donne l'Écriture. Que le Dieu de la persévérance et du courage vous donne d'être d'accord entre vous selon l'esprit du Christ Jésus. Ainsi, d'un même cœur, d'une même voix, vous rendrez gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ. Accueillez-vous donc les uns les autres comme le Christ vous a accueillis pour la gloire de Dieu, vous qui étiez païens.

Nous sommes appelés à vivre en prenant soin les uns des autres, en prenant en compte nos forces et nos faiblesses mutuelles pour que le corps du Christ croisse dans la meilleure harmonie possible.


Jean-Louis Hiroux,

Diacre permanent au service des pèlerinages diocésains.

Assemblée Générale de l'Hospitalité diocésaine de Tournai, Dimanche 28 février 2010






Réflexions