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« Venez et voyez » « Voulez-vous me faire la grâce De venir ici... » (Notre-Dame à Bernadette) « Il faut que j’aille à la grotte; Dépêchez-vous  si vous voulez m’accompagner »  (Bernadette) Accueil

LA PERSONNE MALADE À LOURDES


La façon de s'occuper des malades à Lourdes est bien différente de l'hôpital en général. Tu es venu à Lourdes pour accompagner les malades, pour les accueillir... Ils sont ici en "cheminement" et il t'est demandé de les aider dans cette démarche. Avant toute chose, il ne faut pas en faire des marginaux ; ils viennent essentiellement en pèlerinage, et en plus, ils sont malades. II faut donc les considérer d'abord comme des pèlerins.

COMMENT PARLER AVEC EUX ?

Chaque pèlerin est unique au monde et précieux aux yeux de Dieu. II porte en lui et ceci est vrai pour chacun d'entre nous, il porte en lui un coin de beauté qui lui donne de ressembler à la beauté par excellence qui est Dieu. II est important d'en prendre conscience dès la première rencontre. Chaque malade me dit quelque chose du Dieu que je cherche.

COMMENT VIVRE LA RENCONTRE ?

Aller vers le malade, avec son intelligence, mais surtout avec son cœur. II est nécessaire dès lors, de me servir de tout ce que le Seigneur a mis de Bon en moi. II y a une manière de s'entretenir, de parler, de regarder le malade qui l'aide à grandir dans sa relation à Dieu et aux frères. Toi aussi, tu accomplis le même "cheminement" en tant qu'hospitalier(ère) ou brancardier. C'est sans doute parce que tu portes en toi l'attention aux plus démunis, aux malades, que tu as choisi de te mettre à leur service. Souviens-toi que le malade a surtout besoin d'être écouté d'une écoute intelligente, très attentive, discrète et sensible. C'est ce qu'il attend en premier lieu. La condition même de malade, le rend souvent triste, et s'il pouvait dire tout ce qu'il a sur le cœur, il se sentirait déjà plus soulagé. La qualité d'écoute est donc très importante. II te sera donné (il ne faut pas forcer la confidence) de connaître la situation du malade, son état physique, sa situation familiale... la discrétion est indispensable. Je crois que la confiance qu'il nous faut transmettre aux malades doit être inspirée par notre discrétion, par notre capacité d'écoute.

L'IMPORTANCE DU REGARD.

Si tu ne te sens pas capable de comprendre ou de parler avec le malade, sache au moins le regarder. Regarder avec une profonde sympathie et une grande amitié.

LE SOURIRE.

II est un langage international ! Durant les apparitions, Bernadette Soubirous disait : "Cette chose me regarde comme une personne". Savoir regarder les autres comme une personne, même s'ils nous donnent l'impression d'être très loin de nous à cause de leur état physique. Combien de malades graves ont un visage au regard absent et ils donnent l'impression au premier abord d'être anormaux, alors qu'ils sont par contre profondément intelligents, très sensibles et très capables de comprendre le langage qu'on leur adresse. Cela fait partie de ta capacité de compréhension. Regarde les surtout avec intelligence, comme une personne. L'approche d'une personne adulte, d'un jeune ou d'un enfant, est différente ! Jamais, je ne dois être "curieux" ! Quelqu'un demandait à un jeune : "Comment vois-tu un malade ou une personne en bonne santé?" Le jeune malade de dire : "C'est toi qui es en bonne santé et qui me regardes". Nous n'arriverons jamais à imaginer combien le regard peut faire grandir l'espoir ou le détruire ! Je prends un exemple. Je me souviens d'une malade venue en pèlerinage et qui avait une tumeur à l'œil. Celle-ci était tellement étendue que les lunettes noires ne pouvaient tout cacher. Quelqu'un lui dit : "Madame, vous mangerez dans votre salle au lieu de vous rendre au réfectoire, on vous apportera votre repas". Vu l'aspect du visage, la personne croyait mettre le malade à l'aise face aux autres.

Après le repas, elle retrouve la malade en larmes " : Suis-je vraiment impressionnante à regarder que vous n'avez pas voulu que je prenne mes repas avec les autres malades ?" II est facile de se tromper ; "Elle me regardait comme une personne", disait Bernadette, la "pauvre" que personne ne regardait. Elle était émerveillée de voir le regard de Marie posé sur elle. Notre regard devrait être comme celui de Marie. II y a dans le pèlerinage de très pauvres malades, des handicapés physique et mentaux, des personnes très âgées vivant dans des homes et n'étant pas toujours considérées comme des personnes. Ton attitude d'accueil, de respect, de regard attentif, de non-jugement les touches beaucoup. Avec les autres hospitalières et brancardiers, tu es responsable de ce regard que chacun doit trouver à Lourdes.

SAIS-TU CE QUE TU VIENS CHERCHER À LOURDES ?

Tu aurais pu choisir un autre lieu pour ton service... Parce que tu es à Lourdes, tu as la joie et la responsabilité de rayonner le Seigneur Christ qui est en toi.

LA PRIÈRE.

Marie dite à Bernadette " : Prière et pénitence" Prier... savoir prier. II existe autant de manières de prier qu'il y a de personnes au monde. II est important de se situer face à Quelqu'un, face au "Tout Autre", face à Dieu "Notre Père". Etre devant le Père, comme un enfant qui a tout à recevoir, qui s'émerveille de la beauté, de la bonté, de la force du Père... regarder, se laisser regarder... accueillir une Parole dans le cœur... parler du monde, des siens avant de parler de soi. Surtout écouter Dieu. Si tu ne connais pas bien le malade, ne l'oblige jamais à prier. Si le malade sent que la prière est important pour toi, s'il voit la joie sur ton visage, il te demandera aussi d'aller à la Grotte, de prier avec lui.

RELAX !!!

Quand tu rentres dans une salle, ne sois pas pressé ou agité. Si tu mets une couverture sur un malade, ne la jette pas comme si le malade était une CHOSE, mais prend le temps de la regarder et de parler avec lui. Après un retour de Lourdes, un malade disait " : J'ai été beaucoup choyé, mais personne a su me regarder'. Le malade doit ressentir ta sympathie et tout l'amour qui te conduit vers lui. Tu es responsable de l'infinie tendresse révélée dans l'Évangile. "Un verre d'eau donné en mon nom, c'est à moi que vous l'avez donné", disait Jésus. Saint Vincent de Paul disait " : Faites vous pardonner le pain que vous donnez". Remercie Dieu d'être en bonne santé.


S'ASSEOIR ET PRENDRE LE TEMPS.

II faut te mettre à la hauteur du malade et ne mesure pas ton temps. Le temps n'a pas la même valeur quand nous sommes malades

TENIR PAROLE !

A Lourdes, tu feras des rencontres. Si tu promets quelque chose, sache maintenir ta promesse. Cela est très important pour le malade.

Que de fois j'ai vu de jeunes malades, qui étaient complètement vidés parce que de retour chez eux, rien n'avait été fait de tout ce qu'on leur avait promis. Donc, si tu ne peux être fidèle dans ton amitié, arrête, car cela ne peut que faire du tort.

SOUPLESSE.

As-tu déjà vu des malades qui sont obligés de TOUT demander ? ... qui ne peuvent rien faire SEUL ? Aussi, si quelqu'un te demande quelque chose ou te fait signe simplement avec son regard, retourne sur tes pas même si tu es complètement vidé. Cela en vaut la peine ! Savoir regarder, observer avec un cœur et un esprit intelligent.

ELARGIR LE REGARD.

Si tu es dans une célébration qui regroupe plusieurs pèlerinages d'autres pays, si tu te trouves près d'un malade que tu ne connais pas, ne laisse jamais quelqu'un en difficulté.

Si tu ne sais que faire, cherche une personne responsable et fais le message avec précision.

RESPECT DU JARDIN SECRET DE CHACUN.

Nous avons tous des secrets à respecter. Si tu rencontres quelqu'un qui te semble renfermé, accepte-le tel qu'il est. II y a des jours où chacun de nous se sent plus ou moins ouvert aux autres. II faut savoir respecter le secret des autres

VEILLER À L'AUTONOMIE DU MALADE.

II faut respecter les intentions et la volonté du malade. Etre vigilant, (ouvrir l'œil) et laisser faire au maximum le malade. II peut être fier de ses progrès d'autonomie. Ce sera un succès pour lui et pour tous.

AIMER... GRATUITEMENT !

Très souvent on entend " : Nos malades, mes malades..." Les malades veulent garder leur personnalité. II est vrai que certaines personnes aiment être choyées au point de perdre un peu de leur personnalité. Mais il y en a qui veulent rester telles que et heureusement ! Ne sois pas et ne donne pas l'impression d'être "Possessif'. Les personnes veulent rester telles qu'elles sont et faire leur cheminement ; nous sommes ici pour les aider, mais avec intelligence. Quand on a eu l'habitude d'être libre de ses mouvements, je pense qu'il ne doit pas être facile de dépendre des autres

PARLER DE LA SOUFFRANCE ?

II vaut mieux le silence et la compassion qu'une parole maladroite ! La souffrance est quelque chose de très profond. Chaque personne a sa souffrance. Ne pas dire à un malade : "Un tel a eu cette maladie et a réagit de cette façon". II faut respecter la personne. De même, il ne faut jamais chercher à rassurer un malade en lui disant : "Mais ce n'est rien" Car en essayant de le rassurer ainsi, le malade ne se tranquillisera certainement pas. II pensera : "Si on veut me rassurer à ce point, cela signifie que j'ai certainement quelque chose de grave". II faut savoir écouter et accompagner beaucoup plus avec la prière, l'amitié plutôt que des paroles mal placées.

LA DÉTENTE.

Le séjour à Lourdes peut être très fatigant physiquement et moralement. II est normal que les jeunes aient envie de se distraire, de se relaxer, de rire, etc... Si tu as envie de faire du bruit, de crier... veille à ce qu'il n'y ait pas personne sur un brancard près de toi.

II SUFFIT D'AIMER.

Bernadette a pu dire "II suffit d'aimer". Prier l'Esprit Saint de nous apprendre à aimer vraiment. Nous allons vers les malades avec toute notre pauvreté. Ils nous donnent plus que nous leur donnons ! Être présence d'amour auprès des pauvres, des malades, des petits. Lorsque nous rencontrons une personne, nous ne savons pas qui nous allons rencontrer et nous n'aurons jamais assez de délicatesse vis à vis de l'autre Quand tu rencontres une personne prie l'Esprit Saint afin qu'il t'aide dans la rencontre.

QUELQUES TÉMOIGNAGES

"A lourdes, j'ai reçu de la très sainte Vierge une aide très précieuse pour me préparer à mourir. Je lui ai demandé de venir me chercher avec douceur et amour".

Beaucoup de malades viennent chercher cette force à Lourdes !

"Me voici de retour de Lourdes. Le voyage s'est passé dans la joie, avec abondance de grâces, sans fatigue ni douleurs, une jolie route et avec du beau temps. Nous sommes revenus chez nous tous les trois bouleversés profondément émus. Tant de misère, mais aussi beaucoup de grâces et de Foi. C'est çà le miracle de Lourdes. J'espère ne pas faire défaut à ce don de Dieu, auquel je me suis rapprochée dans la souffrance et que j'avais un peu oublié. En effet, sans Lui, je ne suis rien. Je le remercie de m'avoir donné cette croix et de m'aider à la porter, mais je vis dans l'espérance d'une guérison pour pouvoir aider les autres et pour mieux le servir. Mais c'est Lui qui décide, et c'est à Lourdes que j'ai compris que je pensais trop à moi-même, que je n'avais pas encore cet amour, cet abandon, cette humilié qui m'auraient rapprochée de Dieu"

"J'ai appris à souffrir ; actuellement j'apprends à prier et à me remettre complètement entre ses mains. Merci pour votre accueil".

"C'était un jour de septembre, (dit un jeune) ; quand j'ai dû laisser mes parents, j'avais 8 ans. J'ai pleuré longtemps dans mon lit, dans une chambre commune avec 8 autres enfants malades. Les feuilles d'automne tombaient comme mes larmes. Mes jambes me fatiguaient de plus en plus lorsque je me rendais à l'école. Combien de fois mes sœurs avaient été obligées de me porter à l'école... C'est au sanatorium que j'ai dû apprendre mon métier de malade, parce qu'être malade est un art et il faut beaucoup de courage pour affronter la paralysie et les gens qui vous entourent. J'ai eu ma plus grande illusion à 10 ans, quand un matin mes jambes ne purent plus me porter. Je me suis ainsi retrouvé sur un fauteuil roulant. Quel bonheur de pouvoir rester debout... Heureusement, quand on est jeune, on ne se rend pas compte de ce que l'on perd. En effet, j'étais heureux d'avoir un fauteuil roulant. Avec les soins, j'ai aussi commencé à souffrir (gymnastique, appareils, massages). Les premiers temps je redoutais les massages dans l'eau à 38°. Durant la nuit je devais garder des chaussures spéciales. De temps en temps je retournais chez moi. Pendant les vacances de Noël, j'enlevais pour quelques heures mes appareils orthopédiques, je glissais de la chaise sur laquelle j'étais assis, résultat : une jambe cassée ! Combien de souffrance ces jours-là ! Ils m'ont plâtré la jambe... C'est dans ces conditions que j'ai fait ma première communion, couché dans un lit. Heureusement j'avais de bonnes notes scolaires. Ce qui est le plus dur pur nous, c'est d'être obligé de dépendre des autres. Nous devons toujours demander et encore demander. Celui qui est en bonne santé ne peut comprendre combien il est pénible de toujours demander. II m'arrive quelques fois de nia révolter, néanmoins, la vie est belle et je veux la vivre pleinement (ce qui nous fait le plus mal est ce sentiment de compassion des autres Je voudrais que les gens comprennent que nous n'avons pas besoin de leur pitié.

Combien de fois j'ai entendu dire "pauvre petit, il me fait de la peine." Nous avons besoin d'amitié et de compréhension. Pourquoi n'avons-nous pas le droit de vivre, d'avoir un travail, de former une famille ? Pourquoi sommes-nous séparés des autres ? Les personnes handicapées sont-elles des êtres inutiles, inférieurs ? Je ne crois pas et je suis content d'être dans ma condition ; cela m'a permis d'approfondir beaucoup de choses de la vie. Mais mon malheur n'est pas encore complet, mes muscles tremblent et bientôt je ne pourrais plus bouger. Quelle joie quand j'ai reçu ma chaise à roulettes électrique ! Elle m'a permis de retrouver une certaine autonomie. Ainsi j'ai retrouvé mes jambes, ma liberté et je ne dois plus dépendre des autres. Chaque année je vais à Lourdes en pèlerinage et là nous nous sentons entouré d'une très grande amitié et nous réussissons même à oublier temporairement notre paralysie. La vie m'a fait connaître des dizaines et des dizaines d'éducateurs, d'infirmiers, de camarades. II y a des personnes capables de nous comprendre et qui nous considèrent à part entière dans la société. II y a des personnes que l'on regarde uniquement pour l'expression de leur visage... J'aimerais tant pouvoir me rendre utile et crier au monde que la vie est belle ! Certes il y a des moments où tout va mal, où on a presque envie d'abandonner la lutte... Mais la vie est merveilleuse Je pousse et je dirige ma voiture roulante où je veux, partout, et je suis heureux de vivre parce que je sais qu'il y a des personnes qui souffrent plus que moi. Mes parents, mes éducateurs ont confiance en moi. Je ne peux les décevoir. Moi, je lutte aussi pour eux. Oui, la vie est belle et je lutterai tant que mes muscles me le permettront".

Une jeune " : Un jour, j'ai voulu faire un plongeon dans la piscine malgré les recommandations de mon père qui m'avait prévenu qu'il n'y avait pas beaucoup d'eau. Ils me sortirent de la piscine avec des fractures multiples à la colonne vertébrale. Durant les trois premières années à l'hôpital, j'ai subi six interventions chirurgicales. Avant chaque intervention, ils me promettaient toujours que j'allais retrouver l'usage de mes jambes et je vivais avec cette folle espérance. Alors je me révoltais, j'ai laissé de côté la pratique religieuse et je ne priais plus. Un an après l'accident, on m'a proposé d'aller à Lourdes, mais seulement pour pouvoir sortir de l'hôpital. Mon premier pèlerinage fut pour moi le moyen de faire un voyage. Durant ce pèlerinage je ne priais point et mon conflit intérieur ne se calma point. J'ai vécu ainsi deux pèlerinages et j'ai accepté de venir une troisième fois à Lourdes, mais seulement parce que cela était l'unique évasion de l'hôpital que je pouvais avoir. Pendant ce troisième pèlerinage, alors que j'étais toujours en proie à ma révolte, j'ai entendu un prêtre qui disait à la Grotte :'Le Christ n'est pas venu pour nous expliquer la souffrance ou pour en parler, il est venu pour la vivre et pour la partager avec nous. A cause de la tendresse de Dieu pour ses fils, la souffrance sera toujours un mystère, mais vécue avec le Christ elle sauve le monde'. J'ai sursauté à l'annonce de ces paroles qui étaient pour moi une révélation et qu'elles furent à l'origine de ma réconciliation avec Dieu après un long cheminement. Je suis sortie de l'hôpital, j'ai aujourd'hui 20 ans et je sais que la médecine et les exercices de rééducation ne me feront jamais retrouver l'usage de mes jambes Jusqu'à la fin de ma vie je resterai sur une chaise roulante, mais j'ai voulu venir encore une fois à Lourdes. Mon pèlerinage est le cheminement d'une reconnaissance et d'action de grâce, parce que depuis que je sais que ma souffrance unie à celle du Christ, sauve les autres, je suis, malgré mon handicap, la fille la plus heureuse du monde".

Texte de Sœur Marie St Jean Torgue - LOURDES.


Un grand merci à Monsieur l'Abbé Xavier Huvenne qui nous a communiqué ce texte.


Réflexions