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LA TRANSMISSION, UN DÉFI IMPOSSIBLE ?

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Cela fait 4 ans que je viens avec vous. C’est toujours une joie, une très grande joie et je dois dire que nous progressons, vous progressez dans la qualité de ces rencontres, de ces congrès. Je voudrais avec vous réagir puisque nous nous sentons bien, c’est un souci que vous portez de plus en plus maintenant, c’est cette histoire de transmission, ce réalisme de la transmission. Vous êtes des anciens, vous avez été jeunes et le message vous a été transmis, vous l’avez reçu, vous en avez vécu, vous en vivez encore et vous en vivrez longtemps encore et pourtant déjà vous avez ce souci de transmettre. Comment transmettre et nous voyons bien les difficultés que vous rencontrez dans chaque Hospitalité. Ce n’est pas que vous, c’est dans le monde familial, c’est dans le monde du professionnel, c’est dans le monde que nous connaissons même dans l’histoire de l’Eglise aujourd’hui, les difficultés que nous avons à transmettre ce message de Jésus.

Je glisserais, dans le document que vous recevrez, un résumé d’un livre que je voudrais vous présenter maintenant. J’ai eu l’auteur de ce livre et lui ai demandé s’il m’autorisait à vous en parler et il m’a dit oui, je peux même aller plus loin me disait le père Jean-Noël Besançon, je peux même vous rejoindre. C’est important parce que c’est un projet que je voudrais soumettre à votre réflexion.


LE TITRE : « LA TRANSMISSION, UN DÉFI IMPOSSIBLE ? »

La couverture de ce livre est très belle. 3 auteurs : Jean-Noël Bezançon, Pierre Chalvidan et Frédéric Mounier. Je vous le conseille déjà pour faire une connaissance avec ce souci qu’ils ont réfléchi profondément en trois dimensions « La transmission, un défi impossible ? » aux Editions Desclée de Brouwer. Je vous le soumets parce que cela pourrait vous faire un sujet de réflexion dans l’urgence. Vous verrez le contenu de ce livre et je crois que si vous faites venir les 3 coauteurs, je suis certain que vous grandiriez dans ce qu’il faut faire ou ne pas faire. Ce sera intéressant pour éviter des difficultés que nous rencontrons tous parce que nous ne sommes peut-être pas dans le texte de nos sensibilités. Vous trouverez un résumé de ma part et je vous recommande vivement le livre, achetez le, lisez le et travaillez le. C’est le projet que je vous pose dans votre réflexion.

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J'ai donc interrogé ces mêmes jeunes dont je viens de parler. A quoi un engagement d'adulte ou d'adolescent doit-il être « raccroche » afin qu'il prenne sa véritable dimension dans ma vie et dans mon emploi du temps? Ce qui était important de saisir, c’est que les engagements doivent s'harmoniser ; et surtout ne pas s'interférer entre eux. Si une nouvelle responsabilité gène un engagement déjà pris, il y alors une anomalie et une inconvenance.

Etre hospitalier ! Pourquoi pas dès 18 ans. Sur quelle identité chrétienne rattacher cette« parole donnée » ? Ils ont très vite trouve que c'était sur le baptême. Mais leur vie n'allait-elle pas être partagée, un jour, par une autre personne qui serait leur conjoint! La réflexion avançait simplement et les consciences s’éclairaient. Ces jeunes eux-mêmes réfléchissaient.

Mais revenons à nous, adultes qui nous proposons des « Engagements ». Ne devons-nous pas mieux envisager tous ces engagements afin que ceux-ci s'harmonisent avec des responsabilités déjà prises, comme le mariage ou d'autres encore qui « consument » déjà une grande partie de la Personne. II me semble que ceci devrait être un sujet de partage avec les intéresses de la part de ceux qui les invitent a « donner leur parole ».

Je n'ai pas à donner de leçon aux responsables que vous êtes. Je m'en garderai bien. Je suis comme vous, je m'interroge sur l'Institution de l'Hospitalité en général (Accompagnement et Accueil), dans ces Sanctuaires Notre Dame de Lourdes, pour le bien des pèlerins qui cherchent un signe d'Espérance.

Peut-être pour les jeunes, déjà des hospitalités ont-elles trouve des possibilités de fidéliser ces adolescents, soit dans un avenir proche ou un avenir lointain. Et peut-être aussi ont-elles trouve les moyens de pérenniser des adultes qui sont dans un âge plus avance. Ceci pourrait-il, un jour faire un sujet de réflexion, où vous pourriez partager ensemble de tout ce qui est fait de la part des responsables de toutes ces hospitalités ? C’est en ce moment, me semble-t-il, que la transmission se pose. II serait bon de connaître par des autorités ce qui serait bon de « faire » et de « ne pas faire ».

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L'« objet» de ma surprise dans mon dialogue avec ces jeunes rencontrés et interrogés, relativement sérieusement, a été l’applaudissement qu’ils ont manifesté. C’était là, la vraie réponse, ils attendaient que quelqu’un leur parle de ces réalités clairement. Ceci trouvait un écho en eux. Notre dialogue ouvrait, je crois, des solutions.

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LA TRANSMISSION ….

Nous nous souvenons, lors d’un congrès, avoir entendu la parole d’un évêque, Monseigneur Saint Macary, nous exprimer la réalité au sujet des Hospitalités : « l’évangélisation passe par les Hospitalités ». Aujourd’hui, comme hier, nous prenons conscience que la transmission ne va pas de soi.

Les évêques disent en effet : « Nous pensons que les temps actuels ne sont pas plus défavorables à l’annonce de l’Evangile que les temps passés de notre histoire ». (Proposer la foi dans société actuelle. Lettre aux catholiques de France. Paris. Cerf 1997).

La construction d’un avenir requiert son seulement des moyens mais un projet. Et se projeter dans l’avenir suppose des points d’appui dans un passé repéré. Voici ce que disait Monseigneur de Berranger : « Il manque à cette génération ce que nous ne leur avons pas transmis : d’abord une langue, mais aussi de la culture et de la religion ; il y a un système de valeurs qui n’a pas été communiqué. Et quand on n’a pas de patrimoine spirituel, pas de mémoire historique, on ne peut pas avoir de perspectives » (La Croix, 3 avril 2006).

Il est significatif de découvrir que les jeunes ont un rapport au temps différent et nouveau. Le temps, pour ces nouvelles générations, semble constitué d’une succession discontinue d’instants dont certains, comme par miracle, peuvent être le lieu de l’irruption d’une étincelle de bonheur. D’où la difficulté à s’inscrire dans des institutions, partis politiques, syndicats, structure matrimoniale.

Ce qui passionne se transmet.

La passion est bien souvent contagieuse et elle est toujours imaginative.

« Traditio », en latin, c’est la transmission de la vie dans ce qu’elle manifeste comme évolution, comme changement, ceci dans une invention permanente. Mais la tradition nous relie toujours à un acte du passé sur lequel nous pouvons appuyer notre histoire. Ce nous intéresse afin de faire porter l’avenir sur un élément du passé, comme support.

La vraie tradition n’enferme pas : elle ouvre des fenêtres, des portes, un « à venir ». Elle est de l’ordre des semailles, confiée au temps. Toute transmission suppose des semeurs passionnés. Il paraît évident que la transmission implique un message et un messager.

Prenons-nous conscience que la transmission appelle à une relation. L’ancien est toujours un référent pour le jeune quand la confiance est établie. Par l’instauration de la relation, le premier objectif de la tradition, de la transmission, est la constitution d’une solidarité. L’exemple de la Bible nous signifie plus une « histoire » qu’une doctrine. L’histoire de nos pères dans laquelle chaque croyant peut entrer.

« Et demain, quand demain ton fils te demandera : Pourquoi ces édits, ces lois et ces coutumes que le Seigneur Notre Dieu vous a prescrits ? Tu lui répondras : « Nous étions esclaves de Pharaon en Egypte mais, d’une main forte, le Seigneur nous a fait sortir d’Egypte. (Deutéronome 6, 21 – 21)

Nous assistons à la naissance du « Nous » : c’est sans doute d’abord cela la transmission, plus radicalement encore que tout message. Rappelons-nous :

« Mon Père était un Araméen errant, ….il est descendu en Egypte…, il est devenu une grande nation. Les Egyptiens nous ont maltraités, nous avons crié vers le Seigneur….Le Seigneur nous a fait sortir. (Deutéronome 26, 5 – 8)

Nous sortons ainsi d’un schéma trop simpliste émetteur-récepteur.

Rappelons-nous ce que disait saint Augustin : « Ecoute-moi, mon frère, en corrigeant aussitôt : Ecoute plutôt le Christ, ou plutôt écoutons-le ensemble ! ».

Nous ne transmettons donc que ce qui nous fait vivre. Toute transmission est une passion communicative qui instaure une relation.

La parole transmise n’est pas d’abord des mots, mais des événements qui requièrent des témoins, de telle sorte qu’elle trouve écho dans celui qui écoute.

Cette Parole peut devenir un chemin pour celui qui la reçoit, un chemin de vie, un chemin pour apprendre à vivre. Dans le sillage des Pèlerins d’Emmaüs, nous voyons tout le « processus » de cette transmission – tradition. Transmettre c’est accompagner, non pas en refaisant en arrière, avec des apprentis, un chemin que nous connaîtrions par cœur. Mais en nous faisant les compagnons, sur leur chemin à eux, de ceux qui se mettent en route.Nous pouvons nous souvenir de ce passage des Actes des Apôtres du baptême de l’eunuque par Philippe. « Comprends-tu donc ce que tu lis ? Et comment le pourrai-je si personne ne me guide. Chemin faisant, ils arrivèrent à un point d’eau…..Ils descendirent tous deux dans l’eau, Philippe et l’eunuque et il le baptisa » (Actes 8, 29).

Transmettre, c’est faire route ensemble tout en se souvenant que la transmission du Bien, du Vrai, du Bon, que Dieu est, n’est pas de notre ressort uniquement. « Elle est toujours le fruit de la grâce deDieu et de la liberté des hommes. L’Evangile a, ne l’oublions pas, une puissance de séduction en lui-même et par lui-même. Quand aux êtres humains, aujourd’hui comme hier, ils sont « capables de Dieu » sans que le devoir nous incombe de créer cette capacité en eux. » (André Fossion, Quelle annonce d’Evangile pour notre temps ? Les éditions de l’Atelier, Paris, 2005)

(Résumé de la partie introductive d’un article de Jean-Noël Besançon. (Saint-Maur-des-Fossés)).


Extrait de l'intervention du Père Patrick Desprez, aumônier général de l'Hospitalité Notre-Dame de Lourdes lors du Congrès des Présidents des Hospitalités Francophones en 2007.



Réflexions