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"QUÉ SOY ERA IMMACULADA COUNCEPCIOU"

Les 18 Apparitions de la Sainte Vierge à Lourdes en 1858

Le dogme de l’Immaculée Conception a été proclamé par le Pape Pie IX en 1850.

Quatre ans plus tard, à Lourdes, La Sainte Vierge apparaît à une fillette du pays, Bernadette Soubirous. Elle lui apparaîtra 18 fois, et, lors de la seizième apparition, elle lui dira qui elle est : « QUÉ SOY ERA IMMACULADA COUNCEPCIOU".

Je me propose de présenter dans les articles qui suivent le récit de chaque apparition, tel que l’a fait Sainte Bernadette.

Mgr Jacques MASSON - Extrait de www.hermas.info Catéchèse - Mgr Masson - 2008


JEUDI 11 FEVRIER 1858 : PREMIERE APPARITION

La première apparition a eu lieu ce jour-là, c’est pourquoi la fête liturgique de Notre Dame de Lourdes a été fixée au 11 février. Dès ce premier jour, Bernadette prie le chapelet "avec la Dame".

Ce jour-là, il faisait bien froid. Vers 11 heures, Bernadette Soubirous, sa soeur Marie-Antoinette et une amie, Jeanne Abadie, se dirigèrent vers les bords du Gave du côté de la grotte de Massabielle pour chercher du bois. Pendant que Toinette et Jeanne s'éloignaient de Bernadette, celle-ci avant de passer l'eau glaciale du canal se mit à genoux pour réciter l'Angélus qu'on venait de sonner. C’est alors qu’a lieu la première apparition, comme la raconte Bernadette : "J'avais commencé à ôter mon premier bas, quand tout à coup j'entendis une grande rumeur pareille à un bruit d'orage. Je regardai à droite, à gauche, sur les arbres de la rivière. Rien ne bougeait; je crus m'être trompée. Je continuai à me déchausser, lorsqu'une nouvelle rumeur, semblable à la première, se fit encore entendre. Oh! alors, j'eus peur et me dressai. Je n'avais plus de parole et ne savais que penser, quand, tournant la tête du côté de la Grotte, je vis à une des ouvertures du rocher un buisson, un seul, remuer, comme s'il avait fait grand vent. Presque en même temps il sortit de l'intérieur de la Grotte un nuage couleur d'or, et peu après une Dame jeune et belle, belle surtout, comme Je n'en avais jamais vu, vint se placer à l'entrée de l'ouverture au-dessus du buisson. Aussitôt elle me regarda, me sourit et me fit signe d'avancer, comme si elle avait été ma mère. La peur m'avait passé, mais il me semblait que je ne savais plus où j'étais. Je me frottais les yeux, je les fermais, je les ouvrais, mais la Dame était toujours là, continuant à me sourire et me faisant comprendre que je ne me trompais pas. Sans me rendre compte de ce que je faisais, je pris mon chapelet dans ma poche et me mis à genoux. La Dame m'approuva par un signe de tête et amena elle-même dans ses doigts un chapelet qu'elle, tenait à son bras droit. Lorsque je voulus commencer le chapelet et porter ma main au front, mon bras demeura comme paralysé, et ce n'est qu'après que la Dame se fut signée que je pus faire comme elle. La Dame me laissa prier toute seule; elle faisait bien passer entre ses doigts les grains de son chapelet, mais elle ne parlait pas; et ce n'est qu'à la fin de chaque dizaine qu'elle disait avec moi: Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto. Quand j'eus fini de réciter mon chapelet, la Dame me fit signe d'approcher. Mais je n'ai pas osé. Alors elle rentra à l'intérieur de la roche et le nuage disparut avec elle. "La Dame avait l'air d'une jeune fille de seize à dix-sept ans, aux yeux bleus. Elle était vêtue d'une robe blanche, serrée à la ceinture par un ruban bleu glissant le long de la robe. Elle portait sur sa tête un voile blanc, laissant à peine apercevoir ses cheveux, retombant ensuite en arrière jusqu'au dessous de la taille. Ses pieds étaient nus, mais couverts par les derniers plis de la robe sauf à la pointe où brillait sur chacun d'eux une rose jaune, épanouie. Les grains de son chapelet étaient blancs et la chaîne d'or brillante comme les deux roses des pieds. Je n'en ai jamais vu de semblable, ça brillait comme de l'or et bien plus encore."


DIMANCHE 14 FEVRIER 1858 : DEUXIEME APPARITION

Le dimanche de la Quinquagésime et des Quarante-Heures, Bernadette, après la grand-messe, descend avec onze ou douze jeunes filles à la Grotte, emportant une bouteille d'eau bénite au cas où l'apparition serait celle d'un mauvais esprit. Elles s'agenouillent et récitent le chapelet. Bientôt la voyante s'écrie avec émotion : "Elle y est ! Elle y est ! La voilà !" Et Bernadette de se lever, de jeter avec hâte de l'eau bénite dans la direction du rosier en disant: "Si vous venez de la part de Dieu, approchez..." Le beau sourire de l'Apparition tranquillise totalement l'âme de Bernadette qui se tourne vers ses compagnes en disant : "Elle ne s'en fâche pas, au contraire, elle approuve de la tête et sourit vers nous toutes. Plus je lui en jette, plus elle sourit." Et au nom sacré de Dieu le visage de Marie s'illumina merveilleusement. A ce nom Elle s'inclina à plusieurs reprises. A ce nom Elle s'avança jusque sur le bord du rocher. Et devant l'Apparition qui resplendit d'une beauté céleste et qui est si près d'elle, Bernadette se prosterne et dit instinctivement ses Ave Maria en récitant le chapelet. Et bientôt elle ne voit que Marie. Elle est dans l'extase qui durera une heure. "Elle semblait un ange", dit Jeanne Abadie qui était parmi les jeunes filles, "nous la croyions morte, nous la regardions et nous pleurions toutes". Et un autre témoin, Antoine Nicolau, dira : "Bernadette était à genoux, blême, les yeux très ouverts, fixés vers la niche, les mains jointes, le chapelet entre les doigts; les larmes coulaient des deux yeux; elle souriait et avait un visage plus beau que tous ceux que j'ai vus."


JEUDI 18 FEVRIER 1858 : TROISIEME APPARITION

Après avoir assisté à la messe, Bernadette descend à la Grotte vers 7 heures. Elle est accompagnée de Mme Millet et de Mlle Peyret. Elle a le bonheur de voir la Dame pendant environ une heure. Mais c'est la première fois qu'elle entendra la voix de l'Immaculée. "Va demander à la Dame ce qu'elle veut et qu'elle le mette par écrit", avait dit Antoinette Peyret à Bernadette, en lui donnant un papier, une plume et de l'encre. Bernadette obéit. La Dame va dire en effet ce qu'Elle veut. Elle a souri et répondu: "Ce que j'ai à vous dire, il n'est pas besoin que je le mette par écrit." Après s'être recueillie, l'Apparition demanda: "VOULEZ-VOUS AVOIR LA BONTÉ DE VENIR ICI PENDANT QUINZE JOURS ?" Bernadette répond: "Eh! oui, Madame, je vous le promets... si mes parents le permettent." Et cette promesse de Bernadette lui vaut la promesse merveilleuse de Marie: « ce n'est pas nécessaire.", et elle ajoute : "JE NE VOUS PROMETS PAS DE VOUS RENDRE HEUREUSE EN CE MONDE MAIS DANS L'AUTRE. VOULEZ-VOUS AVOIR LA GRÂCE DE VENIR ICI PENDANT QUINZE JOURS ?"

Le 18 février a ainsi été retenu comme celle de la fête liturgique de sainte Bernadette, le jour de l’octave de Notre Dame de Lourdes


VENDREDI 19 FEVRIER 1858 : 4° APPARITION BREVE ET SILENCIEUSE

Après la messe, vers 7 heures, nous voyons Bernadette, sa maman, sa tante Bernarde Castérot, Mme Millet et quelques autres femmes à la Grotte. Bernadette fait son beau signe de croix, qu'elle a vu faire à la Dame, et récite son chapelet. Les témoins la voient dès le troisième Ave "ravie" pendant environ une demi-heure. Ils admirent "les ondées de joie" qui passent sur sa face, "les sourires qui illuminent son visage". La mère voyant sa fille transfigurée s'écrie : "Oh! mon Dieu, je vous en conjure, ne me l'enlevez pas." "Oh! quelle est belle!", entend-on dire. Et qu'a dit Marie ? Cela semble être si peu et pourtant c'est si important dans la formation d'une âme. "Elle m'a remerciée d'être venue. Elle m'a, dit que plus tard elle aurait des révélations à me faire." …..

Bernadette vient à la Grotte avec un cierge béni et allumé. C'est de ce geste, repris depuis par des millions de pèlerins, qu'est née la coutume de porter des cierges et de les allumer devant la Grotte.


SAMEDI 20 FEVRIER 1858 : DANS LE SILENCE, 5° APPARITION

Avec sa mère, sa tante Basile, Bernadette descend tout de suite après la messe vers la Grotte. Il y a cette fois une trentaine de témoins. "Le matin de la cinquième apparition, Bernadette arriva à Massabielle vers 6 heures 30. Bernadette après ces quarante minutes d'extase, rentrant avec sa mère terrestre lui confia que la Dame "eut la bonté de lui apprendre mot à mot une prière pour elle toute seule", prière qu'elle récitera fidèlement chaque jour de sa vie sans la faire jamais connaître. On voyait ce jour-là, disent des témoins, Bernadette comme bouleversée tantôt de joie, tantôt de crainte; son corps comme mû et attiré en avant, vers en haut; ses mains jointes, levées, tendues; son visage tout bleu et émacié; ses yeux agrandis remplis de larmes qui coulaient sur le visage, des larmes tout autres que celles que nous versons, des larmes venant d'une douleur pure."


DIMANCHE 21 FEVRIER 1858 : 6° APPARITION

La Dame se présente à Bernadette le matin de bonne heure. Une centaine de personnes l'accompagnent. Le médecin raconte : "Bernadette, après que j'eus abandonné son bras, s'avança un peu vers le haut de la Grotte ; bientôt, je vis son visage, qui jusque-là avait offert l'expression de la béatitude la plus parfaite, s'attrister ; deux larmes tombèrent de ses yeux et roulèrent sur ses joues. Ces changements survenus dans sa physionomie pendant cette station me surprirent. Je lui demandais, quand elle eut terminé ses prières et que l'être mystérieux eut disparu, ce qui s'était passé en elle durant cette longue station ; elle me répondit : "La Dame, en me quittant un instant de son regard, le dirigea au loin par-dessus ma tête ; ensuite le reportant sur moi, qui lui avais demandé ce qui l'attristait, elle me dit : Priez pour les pauvres pécheurs, pour le monde si agité. Je fus bien vite rassurée par l'expression de bonté et de sérénité que je pus revoir sur son visage, et aussitôt elle disparut." Elle est ensuite interrogée par le commissaire de police JACOMET, qui assiste à l’apparition et veut savoir ce que voit Bernadette."


MARDI 23 FEVRIER 1858 : SECRET, 7° APPARITION

Malgré la déception du 22 février, jour où il n’y avait pas eu d’apparition, 150 à 200 personnes se rendent à la Grotte déjà vers 6 heures. Beaucoup y attendent Bernadette en priant à genoux. Il y a quelques messieurs ne croyant pas encore à la réalité des apparitions. Ils explorent la Grotte, son intérieur, ses alentours, mais ils ne découvrent rien de suspect. Parmi eux le médecin M. Dozous et M. Estrade, témoin fidèle et historien des événements de Lourdes. Bernadette arrive accompagnée de sa mère et de ses tantes Bernarde et Basile. Elle entre en extase dès les premiers Ave et y reste pendant une heure. Pour prémunir Bernadette qui sera de plus en plus en butte aux contradictions des uns, et, ce qui était bien plus dangereux pour elle, à l'adoration des autres, la Dame la laisse entrer dans son intimité. Elle lui confie en ce jour trois secrets. Cette intimité rivera Bernadette étroitement à Elle, la séparera des autres, lui apprendra à rester fidèle à sa mission. Trois ans après ce jour Bernadette pourra dire : "La Dame m'a défendu de les dire à personne : j'ai été fidèle jusqu'à présent." Elle le fut jusqu'au bout. Elle a emporté ses secrets dans l'éternité.


MERCREDI 24 FEVRIER 1858 : PENITENCE, 8° APPARITION

"La voyante, nous dit M. Estrade, peu de temps après être entrée en extase, s'était mise à écouter du côté du rocher, puis, comme quelqu'un qui apprend une douloureuse nouvelle, elle avait laissé tomber ses bras, et des larmes abondantes coulaient sur se joues. Dans une attitude humiliée, elle avait gravi à genoux la pente qui précédait la niche en collant à chaque pas ses lèvres contre terre." D'après les témoignages il faut conclure que la Dame s'est montrée d'abord sur l'églantier comme d'ordinaire, qu'Elle a disparu ensuite, que la voyante l'a recherchée "sous la voûte de la Grotte" et qu'elle l'a retrouvée. C'est alors qu'elle se retourne vers la foule de 400 à 500 personnes. Son visage est en pleurs. La voix étranglée de sanglots Bernadette doit passer à la foule le message de l'Immaculée: " PÉNITENCE, PÉNITENCE, PÉNITENCE ! "


JEUDI 25 FEVRIER 1858 : L’EAU DE LA SOURCE, "POUR LES PECHEURS", 9° APPARITION

L'Immaculée en ce jour du 25 février a voulu que Bernadette s'humilie profondément. Elle lui a donné des ordres apparemment incompréhensibles et déraisonnables. Cette humilité et cette obéissance feront jaillir ce que le monde appelle volontiers la Source Miraculeuse de Lourdes. La foule de 400 personnes voit Bernadette s'avancer sur ses genoux jusqu'au fond de la Grotte, puis redescendre sur la pente, se diriger vers la rive du Gave, s'arrêter subitement, revenir dans la Grotte, et là comme écouter quelqu'un dont elle semble ne pas comprendre les ordres. On la voit ensuite gratter la terre, boire d'une eau trouble qui en sort, s'en laver pour montrer en public une figure toute barbouillée de boue. On la voit enfin manger de l'herbe. Tandis que Bernadette voit sourire la Dame, la foule pense que la voyante n'est qu'une déséquilibrée, une folle. Bernadette a expliqué elle-même plus tard cette scène qui avait déçu tout le monde : "Pendant que j'étais en prière, la Dame m'a dit d'une manière amicale, mais en même temps sérieuse : ALLEZ BOIRE A LA FONTAINE ET VOUS Y LAVER. Comme je ne savais pas où était cette fontaine et que je croyais que cela n'y faisait rien, je me suis dirigée vers le Gave. La Dame m'a rappelée et m'a fait signe du doigt de me rendre sous la Grotte à gauche ; j'ai obéi, mais je ne voyais pas d'eau. Ne sachant où en prendre j'ai gratté la terre et il en est arrivé. Je l'ai laissée s'éclaircir un peu, puis j'ai bu et je me suis lavée." Interrogée pourquoi elle avait mangé de l'herbe, Bernadette répondit : "La Dame m'y a poussée par un mouvement intérieur." Il semble que Bernadette pendant cette vision de trois quarts d 'heure n'a pas eu de transfiguration.


SAMEDI 27 FEVRIER 1858 : SILENCE, 10° APPARITION

Une "masse compacte" de 800 à 900 personnes attend Bernadette qui arrive vers 6 heures et demie à la Grotte. Pendant un quart d'heure Bernadette marche sur les genoux et baise la terre à plusieurs reprises. "La Dame m'avait dit : Allez baiser la terre par pénitence pour les pécheurs. " La Sainte Vierge aurait ajouté : "si cela ne doit pas vous coûter trop de répugnance ni de fatigue." Par deux fois Bernadette commande par geste à la foule d'en faire autant. La deuxième fois celle-ci obéit. Depuis ce jour le sol et la pierre sacrée de Massabielle se couvrent des baisers du monde. Ce jour-là encore la Dame donne à la voyante ce message : " ALLEZ DIRE AUX PRÊTRES DE FAIRE BÂTIR ICI UNE CHAPELLE".


DIMANCHE 28 FEVRIER 1858 : PENITENCE, 11° APPARITION

En dépit d'une pluie fine et constante, d'un froid terrible, un ou deux milliers de personnes se trouvent à la Grotte dès les premières heures. Bernadette arrive à 7 heures. Lorsqu'elle se met à genoux, récite son chapelet et baise la terre, un souffle puissant semble passer sur l'assistance. Tous les spectateurs s'agenouillent ou s'efforcent de le faire, ils prient et ceux qui le peuvent baisent la terre avec Bernadette. La Dame fait à Bernadette quelques communications intimes dont personne n'a jamais rien su, des communications qui devaient préparer et fortifier Bernadette en face des tribulations à venir. Déjà ce même dimanche, après la grand-messe, Bernadette devra subir l'interrogatoire du juge d'instruction Rives. Il la menacera même de prison.


LUNDI 1° MARS 1858 : PREMIER MIRACLE, 12° APPARITION

Pour la première fois le père de Bernadette l'accompagne à la Grotte, où 2600 personnes l'attendent de bonne heure. Elles éprouveront le bonheur de vivre pendant trois quarts d'heure en présence de cette Apparition céleste dont la beauté se reflète sur le visage de Bernadette. En ce jour, la Dame a donné à Bernadette et à toute la foule une leçon inoubliable : celle d'aimer son chapelet, si pauvre soit-il, et de le porter toujours avec soi. La voyante s'étant servie du chapelet d'une autre personne, la Dame lui demanda : "Qu'est devenu votre chapelet ?" Bernadette tira le sien de sa poche et le montra à la Dame. Et la Vierge en souriant ajouta : "Servez-vous de celui-là." Dans la foule, pour la première fois, il y a un prêtre.

Dans la nuit, après l’apparition de la "Dame", Catherine LATAPIE, une amie lourdaise, se rend à la Grotte, elle trempe son bras déboîté dans l'eau de la source : son bras et sa main retrouvent leur souplesse. Elle sera la première "miraculée". Les miracles, depuis, n’ont jamais cessé à Lourdes.


MARDI 2 MARS 1858 : 13° APPARITION

Ce matin, à l'heure ordinaire, Bernadette n'a qu'une brève vision de la Dame. Environ 3000 personnes ont le bonheur d'y assister. La Dame avait renouvelé son message du 27 février : "Vous irez dire aux prêtres de faire bâtir ici une chapelle." Elle aurait ajouté cette fois : "Au plus court, quand même elle serait toute petite, et d'y venir en procession." Bernadette, une ou deux fois déjà fort mal reçue par M. le Curé, trouvera le courage d'aller le trouver deux fois ce même jour, le matin et le soir. Elle fait cette démarche pénible parce qu'elle aime la Dame. A celui qui aime tout est possible. Celui qui aime, dira Bernadette, fait tout sans peine ou bien sa peine, il l'aime. Bernadette en parle à l'abbé PEYRAMALE, curé de Lourdes. Celui-ci ne veut savoir qu'une chose : le nom de la Dame. Il exige en plus une preuve : voir fleurir le rosier (ou églantier) de la Grotte en plein hiver.


MERCREDI 3 MARS 1858 : UN SOURIRE : 14° APPARITION

D'après le commissaire de police, 4000 personnes attendent ce matin la voyante qui arriva vers 6 heures 45. Bernadette prie longuement. Mais elle se relève, les yeux pleins de larmes, et s'écrie : "Elle ne m'a pas apparu." Mais après l'école, elle entend l'invitation intérieure de la Dame. Elle retourne à la Grotte et cette fois elle voit la Dame qui lui dit : "Vous ne m'avez pas vue ce matin, parce qu'il y avait des personnes venues ici pour voir la contenance que vous auriez en ma présence, et qui n'en étaient pas dignes ; car ayant passé la nuit à la Grotte, elles l'ont déshonorée." La grande peine qu'en a ressentie Bernadette était comme une expiation. Quel témoignage! La Vierge voit tout dans la Lumière de Dieu. Et Bernadette va dire à M. le Curé : "La Dame a souri quand je lui ai dit que vous demandiez un miracle. Quand je lui ai dit de faire fleurir le rosier, elle a souri de nouveau ; mais elle tient à sa chapelle." Le curé Peyramale lui redit : "Si la Dame désire vraiment une chapelle, qu'elle dise son nom et qu'elle fasse fleurir le rosier de la Grotte".


JEUDI 4 MARS 1858 : 15° APPARITION

Or, le jeudi 4 mars, c’est le jour le plus attendu, parce que c’est la fin de cette quinzaine. La foule toujours plus nombreuse (environ huit mille personnes) attend un miracle. Bernadette descend à la Grotte après la messe, un peu après 7 heures. 20.000 personnes assistent au ravissement qui dure une heure et qui commence au troisième Ave de la seconde dizaine. La Dame se montre d'abord dans l'excavation de droite. Bernadette sourit et pleure tour à tour. Puis la voyante doit monter sous le rocher où elle parle longuement avec la Dame en pleurant. La Dame lui ouvre certes tantôt les heureux secrets du ciel, tantôt les tristes secrets du monde pécheur.

Mais il fallait une déception pour faire mûrir les âmes dans la foi. La Dame ne s'est pas nommée, le rosier n'a pas fleuri devant la foule, la Dame ne s'est pas montrée aux pèlerins. Des centaines et des milliers de personnes iront visiter la Grotte les jours suivants, inaugurant ainsi le pèlerinage de Lourdes. Tous aimeraient savoir enfin le nom de Celle qui est apparue ici, où se faisaient déjà de si grands miracles de guérisons. Des aveugles voient, des paralysés marchent, des mourants se relèvent. Le curé PEYRAMALE campe sur sa position. Pendant vingt jours, Bernadette ne va plus se rendre à la Grotte, elle n'en ressent plus l'irrésistible invitation intérieure


JEUDI 25 MARS 1858 (FÊTE DE L’ANNONCIATION), REVELATION DU "NOM" : 16° APPARITION

La Dame va s'annoncer. La veille de l'Annonciation Bernadette entend l'appel de la Vierge. "Quand je fus devant elle, je lui ai demandé pardon d'arriver ainsi en retard. Toujours bonne pour moi, elle me fit signe de la tête que je n'avais pas besoin de m'excuser. Alors, je lui exprimais, comme je pus, toutes mes affections, tous mes respects et le bonheur que j'avais de la retrouver. Après l'avoir entretenue de tout ce qui me vint au cœur, je pris mon chapelet. Pendant que j'étais en prière, la pensée de lui demander son nom s'imposa à mon esprit avec une persistance qui me faisait oublier toutes les autres pensées ; je craignais de me rendre importune en réitérant une demande toujours demeurée sans réponse, et cependant quelque chose m'obligeait à parler. Enfin, d'un mouvement que je ne pus contenir, les paroles sortirent de mes lèvres et je priais la Dame : "Madame, voulez-vous avoir la bonté de me dire qui vous êtes ?" Comme à mes précédentes questions la Dame inclina la tête, sourit, mais ne répondit pas. Je ne sais pourquoi, ce matin-là, je me sentis plus courageuse et je revins à lui demander la grâce de me faire connaître son nom. Elle renouvela son sourire et sa gracieuse salutation et continua de se taire. Alors une troisième fois, les mains jointes, et tout en me déclarant indigne de la faveur que je réclamais, je recommençai ma prière. La Dame se tenait debout au-dessus du rosier. A ma troisième demande, elle prit un air grave et parut s'humilier. Puis elle joignit les mains, les porta à son cœur et regarda le ciel. Enfin, les séparant lentement, comme dans la médaille miraculeuse, et se penchant vers moi, elle me dit, la voix très douce :

"QUE SOY ERA IMMACULADA COUNCEPCIOU"

Bernadette n'a pas compris ce que voulait dire cette expression "Immaculée Conception". Mais M. le Curé le saura bien. Aussi va-t-elle tout de suite chez lui en répétant sans cesse la parole de la Dame, ce qui trouble et convainc le Curé : quatre ans plus tôt en effet, en 1854, le pape PIE IX en avait fait une vérité de la foi catholique (un dogme).


MERCREDI 7 AVRIL 1858 : "MIRACLE DU CIERGE" : 17° APPARITION

La Vierge l'avait appelée déjà dans la soirée du 6 avril. La rumeur s'étant répandue que la voyante descendrait à la Grotte, 1200 personnes l'attendaient lorsqu'elle arriva vers 6 heures. Elles voient le ravissement de Bernadette pendant trois quarts d'heure. C'est ce jour-là, que le Dr Dozous a pu constater pendant un quart d'heure "le miracle du cierge". La flamme du cierge ne produisait aucune brûlure sur la chair de Bernadette qui participait pour ainsi dire pendant l'extase à l'impassibilité d'un corps glorieux.


JEUDI 16 JUILLET 1858 : 18° ET DERNIERE APPARITION

L'appel de la Vierge surprend Bernadette en prière à l'église paroissiale, vers le soir.

Comme la Grotte a été barricadée par ordre des autorités, Bernadette se rend avec sa tante Lucile et quelques amies sur la rive droite du Gave dans la prairie de la Ribère, en face de la Grotte. Toutes s'agenouillent et prient. Après quelques instants Bernadette s'écrie : "Oui, oui, la voilà! La voilà! Elle nous sourit et nous salue par-dessus les barrières." La Vierge dans la niche illuminée considère longtemps Bernadette en souriant, incline la tête et disparaît, laissant son enfant dans une douce paix. La Vierge s'est montrée "au lieu ordinaire, sans rien me dire. Il me semblait que j'étais devant la grotte, à la même distance que les autres fois, je voyais seulement la Vierge. Jamais je ne l'ai vue aussi belle." Elle L'a revue, le jour de sa mort, le 16 avril 1879.


Remarque : Il faut noter que cette dernière apparition a lieu le jour de la Fête de Notre-Dame du Mont Carmel. Et, à Fatima, le 13 octobre 1917, après le miracle du soleil, Lucie verra apparaître en dernier Notre-Dame du Mont Carmel. En quelque sorte, Lourdes annonce Fatima. C’est le même message : appel à la conversion et à la prière.


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